Retatrutide : le peptide triple agoniste qui révolutionne la recherche sur l’obésité
Le Retatrutide (LY3437943) est le premier agoniste triple GLP-1/GIP/glucagon approché en essai clinique de phase 3. Avec une réduction du poids corporel atteignant 24% dans les études de phase 2, il surpasse en efficacité toutes les molécules connues à ce jour dans la recherche sur l’obésité.
Qu’est-ce que le Retatrutide ?
Le Retatrutide (dénomination INN, code développement LY3437943) est une molécule développée par Eli Lilly qui appartient à la nouvelle classe des agonistes multi-récepteurs des incrétines. Contrairement au Semaglutide (mono-agoniste GLP-1) ou au Tirzepatide (double agoniste GLP-1/GIP), le Retatrutide active simultanément trois récepteurs distincts :
- Récepteur GLP-1 (Glucagon-Like Peptide-1) — régulation de l’appétit, ralentissement de la vidange gastrique, stimulation de l’insuline
- Récepteur GIP (Glucose-Dependent Insulinotropic Polypeptide) — potentialisation de l’effet insulinotrope, réduction de la glucagonémie post-prandiale
- Récepteur du glucagon — augmentation de la dépense énergétique, lipolyse hépatique accrue, réduction de la lipogenèse de novo
C’est cette triple action simultanée qui distingue fondamentalement le Retatrutide et explique son efficacité supérieure sur la masse grasse par rapport aux générations précédentes de peptides GLP-1.
Le Retatrutide est un peptide de 39 acides aminés conjugué à une chaîne d’acide gras C18 via un espaceur, lui conférant une demi-vie prolongée d’environ 6 jours (permettant une administration hebdomadaire en protocole clinique). Sa masse moléculaire est d’environ 4 720 Da.
Mécanisme d’action : comment le Retatrutide agit sur le poids
Action sur le récepteur GLP-1 — contrôle de l’appétit
L’activation du récepteur GLP-1 (GLP-1R) dans l’hypothalamus et le noyau du tractus solitaire induit une réduction de la prise alimentaire par plusieurs voies :
- Réduction de la ghréline (hormone de la faim) circulante
- Augmentation des signaux de satiété (peptide YY, CCK)
- Ralentissement de la vidange gastrique (augmentation de la sensation de satiété prolongée)
- Activation des neurones POMC/CART et inhibition des neurones NPY/AgRP dans l’hypothalamus
Action sur le récepteur GIP — potentialisation métabolique
Le GIP (anciennement « hormone inhibitrice gastrique ») joue un rôle complexe dans le métabolisme des lipides et du glucose. L’activation du récepteur GIP (GIPR) par le Retatrutide :
- Potentialise l’effet insulinotrope dépendant du glucose (sensibilisateur d’insuline)
- Réduit la résistance à l’insuline dans le tissu adipeux
- Module la lipogenèse dans les adipocytes
- Améliore le métabolisme osseux (effet observé en recherche)
Action sur le récepteur glucagon — la nouveauté différenciatrice
C’est ici que le Retatrutide se distingue radicalement du Tirzepatide. L’activation du récepteur glucagon (GCGR) :
- Augmente la dépense énergétique basale (thermogenèse hépatique et adipose)
- Stimule la lipolyse hépatique — mobilisation des graisses stockées dans le foie (NAFLD/NASH)
- Réduit la lipogenèse de novo dans le foie
- Favorise la cétogenèse légère, utilisation préférentielle des acides gras comme substrat énergétique
Cette composante glucagon explique pourquoi le Retatrutide présente une réduction de la graisse hépatique particulièrement marquée dans les études, en plus de la perte de masse grasse globale.
Résultats des essais cliniques
Phase 2 — Résultats publiés (NEJM 2023)
L’étude de phase 2 multicentrique, randomisée en double-aveugle contre placebo, publiée dans le New England Journal of Medicine en 2023, a inclus 338 adultes présentant une obésité (IMC ≥ 30) sur une durée de 48 semaines.
| Dose testée | Perte de poids moyenne | % participants ≥ 15% perte | % participants ≥ 20% perte |
|---|---|---|---|
| Placebo | -2,1% | 1% | 0% |
| Retatrutide 1 mg | -7,2% | 18% | 6% |
| Retatrutide 4 mg | -17,5% | 53% | 32% |
| Retatrutide 8 mg | -22,8% | 73% | 50% |
| Retatrutide 12 mg | -24,2% | 83% | 62% |
À titre de comparaison, le Semaglutide 2,4 mg (Wegovy) atteint -15% en 68 semaines dans l’étude STEP-1, et le Tirzepatide 15 mg (Mounjaro) atteint -22,5% en 72 semaines dans l’étude SURMOUNT-1. Le Retatrutide 12 mg atteint -24,2% en seulement 48 semaines.
Effets secondaires observés en phase 2
Le profil d’effets indésirables est cohérent avec la classe des agonistes GLP-1 :
- Nausées : 40-60% (dose-dépendant, généralement passager en phase de titration)
- Vomissements : 15-30%
- Diarrhée : 20-35%
- Constipation : 15-25%
- Tachycardie légère : observée avec les doses élevées (composante glucagon)
- Arrêt pour effets indésirables : ~7% des participants (dose 12 mg)
Phase 3 — en cours (TRIUMPH-1, TRIUMPH-2, TRIUMPH-3)
Eli Lilly a lancé le programme TRIUMPH en 2024 pour les études de phase 3 du Retatrutide dans l’obésité, avec trois essais majeurs :
- TRIUMPH-1 : obésité sans comorbidité (n ≈ 2000, 72 semaines)
- TRIUMPH-2 : obésité + diabète de type 2 (n ≈ 1500)
- TRIUMPH-3 : obésité + risque cardiovasculaire élevé (MACE)
Retatrutide vs Semaglutide vs Tirzepatide — Tableau comparatif
| Critère | Semaglutide | Tirzepatide | Retatrutide |
|---|---|---|---|
| Mécanisme | GLP-1 mono-agoniste | GLP-1 + GIP | GLP-1 + GIP + GCG |
| Perte de poids max. (essais) | ~15% (68 sem.) | ~22,5% (72 sem.) | ~24,2% (48 sem.) |
| Réduction graisse hépatique | Modérée | Élevée | Très élevée |
| Dépense énergétique basale | Peu modifiée | Peu modifiée | Augmentée (GCG) |
| Stade développement | Commercialisé | Commercialisé | Phase 3 |
| Disponibilité recherche | Disponible | Disponible | Disponible |
| Demi-vie | ~7 jours | ~5 jours | ~6 jours |
Le rôle du récepteur glucagon dans la perte de graisse
La composante glucagonergique est l’élément clé qui différencie le Retatrutide et justifie l’intérêt scientifique particulier pour cette molécule dans les protocoles de recherche sur la composition corporelle.
Historiquement, les chercheurs craignaient qu’activer le récepteur glucagon induise une hyperglycémie problématique. Eli Lilly a résolu cette tension en équilibrant les activités relatives : la forte activation GLP-1/GIP stimule suffisamment la sécrétion d’insuline pour compenser l’effet hyperglycémiant du glucagon, tout en conservant les bénéfices métaboliques (thermogenèse, lipolyse) de l’activation GCGR.
Les données de phase 2 montrent que le Retatrutide réduit préférentiellement la masse grasse viscérale (le tissu adipeux le plus délétère métaboliquement) et le tissu adipeux hépatique, tout en préservant davantage la masse maigre comparativement au Semaglutide seul. Des études de suivi avec DEXA sont en cours dans le programme TRIUMPH.
Retatrutide et NASH/NAFLD : un bénéfice supplémentaire
La stéatose hépatique non alcoolique (NAFLD) et la stéatohépatite non alcoolique (NASH) sont des comorbidités majeures de l’obésité. Les données de phase 2 montrent une réduction de la teneur hépatique en graisse de -82% avec le Retatrutide 12 mg vs -34% avec placebo, mesurée par IRM-PDFF.
Eli Lilly mène également des essais spécifiques du Retatrutide dans la NASH, où la composante glucagon (lipolyse hépatique directe) représente un avantage mécanistique spécifique.
Applications en recherche préclinique
Dans un contexte de recherche en laboratoire, le Retatrutide est étudié pour :
- La modélisation expérimentale de l’obésité et ses comorbidités métaboliques
- L’étude des voies de signalisation incrétines (GLP-1R, GIPR, GCGR) et leurs interactions synergiques
- La recherche sur le microbiote intestinal et son interaction avec les agonistes GLP-1
- L’investigation des effets neuroendocriniens sur les circuits de la récompense alimentaire
- Les modèles de stéatose hépatique et d’inflammation métabolique
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Points clés à retenir
- Le Retatrutide est un triple agoniste GLP-1/GIP/glucagon — la première molécule de sa classe en phase 3
- Perte de poids moyenne de -24,2% en 48 semaines à la dose de 12 mg (phase 2)
- La composante glucagon augmente la dépense énergétique basale et la lipolyse hépatique — mécanisme absent du Semaglutide et du Tirzepatide
- Profil de tolérance similaire à la classe GLP-1 (nausées principalement en phase de titration)
- Intérêt particulier pour la recherche sur NAFLD/NASH grâce à l’effet hépatoprotecteur combiné
- Phase 3 (programme TRIUMPH) en cours depuis 2024
Sources scientifiques : Jastreboff et al., NEJM 2023 — Retatrutide Phase 2 · NCT04881760 — Essai clinique Phase 3
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Sources scientifiques
- Triple hormone receptor agonist retatrutide for obesity — a phase 2 trial — Jastreboff AM et al. (2023)
- Retatrutide improves steatohepatitis in murine MASH models — Briand F et al. (2026)
- Triple agonist peptides — mechanistic overview — Ganamurali N et al. (2026)
- Retatrutide Phase 3b — Weight Loss Maintenance (TRIUMPH-1) — ClinicalTrials.gov (2024)
Pour comparer avec d'autres molécules GLP-1, consultez notre comparaison Retatrutide vs Tirzepatide vs Semaglutide.

