Le retatrutide (LY3437943) est une molécule expérimentale d’Eli Lilly, triple agoniste des récepteurs GLP-1, GIP et glucagon. Son statut juridique est le même dans tous les pays de l’Union européenne : ce n’est pas un médicament autorisé. Cette page fait le point, pays par pays, sur ce que dit le droit, quelles autorités sont compétentes et ce qu’elles ont publié. Chaque affirmation est sourcée et datée.
L’essentiel, au 15 octobre 2026
- Aucune autorisation de mise sur le marché (AMM) pour le retatrutide, ni dans l’Union européenne (EMA), ni dans aucun État membre, ni aux États-Unis (FDA) ou au Royaume-Uni (MHRA).
- La molécule est en phase 3 d’essais cliniques. Eli Lilly a publié des résultats positifs en 2026 et prévoit de déposer son dossier auprès de la FDA d’ici le premier trimestre 2027. Aucun dépôt auprès de l’EMA n’a été annoncé.
- Partout dans l’UE, un produit présenté ou utilisé comme médicament ne peut être vendu sans AMM (directive 2001/83/CE, transposée dans chaque pays).
- En France, l’ANSM a publié le 2 juillet 2026 une alerte contre les « peptides » vendus en ligne, qui cite le rétatrutide, et a pris plusieurs décisions de retrait.
- Hors essai clinique autorisé, aucun cadre légal ne permet d’utiliser le retatrutide chez l’humain.
Où en est l’autorisation du retatrutide ?
Le retatrutide est développé par Eli Lilly. Après l’essai de phase 2 publié dans le New England Journal of Medicine en 2023, le programme de phase 3 TRIUMPH a donné ses premiers résultats en 2026 :
- 21 mai 2026 : résultats principaux de TRIUMPH-1 (obésité), annoncés par Lilly.
- 23 juillet 2026 : résultats de TRIUMPH-2 et TRIUMPH-3. Lilly annonce prévoir un dépôt auprès de la FDA d’ici le premier trimestre 2027.
- 15 octobre 2026 : aucune AMM européenne, aucune demande annoncée comme déposée auprès de l’EMA.
La procédure européenne centralisée prend en général plus d’un an entre le dépôt et la décision de la Commission. Une autorisation dans l’UE n’est donc pas attendue avant 2028 au plus tôt (estimation, aucune date officielle).
Ce que dit le droit européen
Le cadre est commun aux 27 États membres :
- Définition du médicament (directive 2001/83/CE, article 1) : est un médicament toute substance présentée comme ayant des propriétés pour traiter ou prévenir des maladies chez l’humain, ou utilisée pour restaurer, corriger ou modifier des fonctions physiologiques. Un produit vendu pour faire maigrir relève de cette définition, quelle que soit son étiquette.
- Obligation d’AMM (article 6) : aucun médicament ne peut être mis sur le marché sans autorisation, européenne (EMA) ou nationale.
- Vente à distance (article 85 quater, issu de la directive 2011/62/UE) : la vente en ligne de médicaments est réservée aux personnes autorisées, identifiées par un logo commun européen.
Une substance chimique vendue comme réactif de recherche, sans aucune présentation ni utilisation comme médicament, n’est pas visée par un texte européen spécifique. Mais dès qu’un produit est présenté, conseillé ou utilisé pour un usage humain, il relève de la législation du médicament, et la mention « usage recherche uniquement » ne le protège pas (voir la position de l’ANSM ci-dessous).
Pays par pays
Dans chaque pays, le retatrutide n’a pas d’AMM. Le tableau indique l’autorité compétente, le texte qui impose l’autorisation et ce que l’autorité a publié sur le retatrutide.
| Pays | Autorité | Texte national | Communication publique sur le retatrutide |
|---|---|---|---|
| France | ANSM | Code de la santé publique, art. L.5111-1 et L.5121-8 | Oui. Alerte du 02/07/2026 (mise à jour le 31/08/2026) et décisions de retrait des 09/07, 16/07 et 14/08/2026, dont un produit présenté comme contenant du retatrutide. |
| Belgique | AFMPS / FAGG | Loi du 25 mars 1964 sur les médicaments | Aucune communication spécifique trouvée. |
| Luxembourg | Ministère de la Santé, Division de la pharmacie et des médicaments | Législation nationale transposant la directive 2001/83/CE | Aucune communication spécifique trouvée. |
| Allemagne | BfArM (contrôle : autorités des Länder) | Arzneimittelgesetz (AMG), § 21 | Aucune communication spécifique trouvée. |
| Autriche | BASG | Arzneimittelgesetz (AMG) | Aucune communication spécifique trouvée. |
| Pays-Bas | CBG-MEB (autorisation), IGJ (contrôle) | Geneesmiddelenwet | Aucune communication spécifique trouvée. |
| Italie | AIFA (contrôle : NAS des Carabinieri) | Décret législatif 219/2006 | Aucune communication spécifique trouvée. |
| Espagne | AEMPS | Real Decreto Legislativo 1/2015 | Aucune communication spécifique trouvée. |
| Portugal | INFARMED | Decreto-Lei n.º 176/2006 | Aucune communication spécifique trouvée. |
| Pologne | URPL (autorisation), GIF (contrôle) | Prawo farmaceutyczne (2001) | Aucune communication spécifique trouvée. |
« Aucune communication spécifique trouvée » : pas d’alerte ou de décision nommant le retatrutide repérée à la date de mise à jour. Cela ne change rien au statut : l’obligation d’AMM s’applique dans tous ces pays. Les autres États membres appliquent les mêmes règles.
La position de l’ANSM en France
Le 2 juillet 2026, l’ANSM a publié l’alerte « “Peptides” vendus en ligne : ne les utilisez pas, ils peuvent être dangereux ». Elle y indique avoir reçu plusieurs signalements après l’utilisation de peptides frauduleux, notamment le rétatrutide, dont certains ont conduit à des hospitalisations. Elle demande de ne pas utiliser les produits étiquetés « For research use only », « Réservé à la recherche » ou « Not for human use ».
L’agence a pris des décisions de police sanitaire contre des vendeurs de stylos injectables présentés comme des agonistes GLP-1 : le 9 juillet 2026 (Synedica Laboratories), le 16 juillet 2026 (Azentra, AZRL Ltd) et le 14 août 2026 (produit « FastPen 40 mg » présenté comme contenant du retatrutide).
Hors de l’Union européenne
- États-Unis (FDA) : lettres d’avertissement à des vendeurs en ligne, dont une du 31 mars 2026 qui qualifie leur retatrutide de « nouveau médicament non approuvé » malgré la mention « research use only ».
- Nouvelle-Zélande (Medsafe) : avis aux consommateurs du 21 mai 2026 sur les « peptides » non approuvés, qui cite le retatrutide.
- Australie (État de Victoria) : alerte sanitaire du 19 juin 2026, six cas d’atteinte hépatique aiguë chez des personnes ayant utilisé un produit étiqueté retatrutide.
Concrètement
Pour un particulier
Le retatrutide n’est disponible ni en pharmacie ni sur ordonnance. La seule façon légale d’y avoir accès est de participer à un essai clinique autorisé. Les essais menés en Europe sont recensés dans le registre public de l’UE (CTIS, euclinicaltrials.eu) et sur ClinicalTrials.gov.
Pour un laboratoire
Le retatrutide peut être acquis comme réactif de recherche, pour des travaux in vitro, sans aucun usage humain ou vétérinaire. Le laboratoire doit pouvoir documenter le produit (certificat d’analyse du lot, numéro de lot, conditions de stockage).
La position de MyPeptide
MyPeptide vend le retatrutide exclusivement comme réactif de recherche, à des chercheurs et des établissements scientifiques. Chaque lot est analysé par un laboratoire indépendant et le rapport est publié sur la page Certificats d’analyse. Pour vérifier un rapport vous-même : comment vérifier un certificat Janoshik.
Questions fréquentes
Le retatrutide est-il légal en France ?
Le retatrutide n’a pas d’autorisation de mise sur le marché en France : il ne peut être ni vendu ni utilisé comme médicament. L’ANSM a publié le 2 juillet 2026 une alerte contre les peptides vendus en ligne, qui cite le rétatrutide, et a ordonné le retrait de plusieurs produits. Seule sa vente comme réactif de recherche, sans présentation ni usage comme médicament, n’est pas visée par un texte spécifique.
Le retatrutide est-il autorisé par l’EMA ?
Non. Au 15 octobre 2026, le retatrutide n’a aucune autorisation européenne et aucune demande n’a été annoncée comme déposée auprès de l’EMA. Eli Lilly prévoit un dépôt auprès de la FDA américaine d’ici le premier trimestre 2027.
Quand le retatrutide sera-t-il autorisé en Europe ?
Aucune date officielle n’existe. La procédure européenne prend en général plus d’un an après le dépôt du dossier, qui n’a pas encore été annoncé : une autorisation n’est pas attendue avant 2028 au plus tôt.
Peut-on utiliser le retatrutide sur soi ?
Non. Hors essai clinique autorisé, aucun cadre légal ne permet l’usage humain du retatrutide dans l’Union européenne. L’ANSM a signalé des effets graves et des hospitalisations après l’utilisation de produits vendus en ligne.
La mention « usage recherche uniquement » rend-elle un produit légal ?
Non, si le produit est présenté ou utilisé pour un usage humain : il relève alors de la législation du médicament. L’ANSM demande explicitement de ne pas utiliser les produits portant cette mention, et la FDA a qualifié de médicaments non approuvés des produits vendus ainsi.
Le retatrutide est-il légal en Allemagne, en Italie, en Espagne ou au Portugal ?
Le statut est le même dans tous les pays de l’UE : pas d’autorisation de mise sur le marché, donc ni vente ni usage comme médicament. Les autorités compétentes sont le BfArM en Allemagne, l’AIFA en Italie, l’AEMPS en Espagne et l’INFARMED au Portugal.
Sources
- ANSM, « “Peptides” vendus en ligne : ne les utilisez pas, ils peuvent être dangereux », 02/07/2026, mise à jour 31/08/2026 : ansm.sante.fr
- Directive 2001/83/CE instituant un code communautaire relatif aux médicaments à usage humain : eur-lex.europa.eu
- Eli Lilly, communiqués des 21/05/2026 (TRIUMPH-1) et 23/07/2026 (TRIUMPH-2 et TRIUMPH-3) : investor.lilly.com
- Jastreboff AM et al., « Triple–Hormone-Receptor Agonist Retatrutide for Obesity », N Engl J Med, 2023.
- FDA, lettre d’avertissement du 31/03/2026 (Gram Peptides) : fda.gov
- Medsafe (Nouvelle-Zélande), avis du 21/05/2026 : medsafe.govt.nz
- Department of Health, État de Victoria (Australie), alerte du 19/06/2026 : health.vic.gov.au
- Registre européen des essais cliniques (CTIS) : euclinicaltrials.eu
Information générale, pas un avis juridique. Cette page résume les textes et communications publiques disponibles à sa date de mise à jour. Pour une situation particulière, adressez-vous à l’autorité de santé de votre pays ou à un avocat. Les produits MyPeptide sont destinés exclusivement à la recherche scientifique.
